Supraclusion : comprendre le “recouvrement” et le corriger avec des aligneurs
Une supraclusion (on dit aussi surocclusion, occlusion profonde, ou deep bite) apparaît quand, en fermant la bouche, les incisives du haut recouvrent trop celles du bas. Dans les formes marquées, les dents inférieures peuvent être fortement “cachées” et la fermeture devient trop “fermée” à l’avant.
Ce guide vous présente une vue claire : définition, causes habituelles, risques si on laisse traîner, et comment un traitement par aligneurs peut corriger une supraclusion dans de nombreuses situations, avec un suivi clinique.
Présentation de la supraclusion
La supraclusion correspond au recouvrement vertical des incisives supérieures sur les incisives inférieures. C’est une mesure orthodontique (recouvrement incisif) exprimée en millimètres ou en pourcentage de la hauteur des incisives du bas. Un recouvrement “courant” est souvent donné autour de 30 à 50 % ; au-delà, on parle d’excès de recouvrement.
À noter : il existe des définitions chiffrées dans la littérature (par exemple excès de recouvrement au-delà de quelques millimètres), mais le plus important n’est pas seulement le chiffre. Ce qui compte, c’est l’impact : usure, blessures, gêne fonctionnelle, instabilité de l’occlusion.
Comment reconnaître une supraclusion au quotidien
Les signes qui reviennent le plus souvent :
- Vous avez l’impression que “les dents du haut mangent les dents du bas” quand vous souriez ou quand vous serrez les dents.
- Usure visible des bords incisifs, dents qui s’aplatissent, sensibilité au froid sur certaines dents.
- Gêne à la mastication ou sensation d’occlusion “verrouillée” à l’avant.
- Parfois, morsures ou irritations sur la gencive du palais, derrière les incisives supérieures, dans les cas sévères.
- Tensions musculaires, inconfort de mâchoire chez certains patients (ce n’est pas automatique, mais c’est un motif fréquent de consultation quand l’occlusion est perturbée).
Pourquoi une supraclusion se met en place
Il n’y a pas une seule cause. Les grandes familles de causes sont :
- Facteurs dentaires
Les dents peuvent être inclinées de façon à augmenter le recouvrement (incisives “trop vers l’avant / trop vers le bas”, ou au contraire incisives du bas “trop en arrière / trop vers le haut”). La courbe de Spee (courbure de l’arcade inférieure) peut aussi jouer un rôle dans l’occlusion profonde. - Facteurs squelettiques
Chez certains patients, la relation entre les bases osseuses (maxillaire/mandibule) contribue à une supraclusion. C’est le point clé pour l’indication : quand l’origine est majoritairement squelettique, la correction purement dentaire a des limites. (Il faudra donc des auxiliaires de traitement) - Fonctions et parafonctions
Le bruxisme (serrement / grincement) n’est pas une “cause unique” de supraclusion, mais il peut aggraver l’usure et rendre la situation plus gênante. Les troubles d’occlusion et les surcharges sur l’ATM peuvent aussi s’associer à des douleurs chez certains patients.
Les risques d’une supraclusion (ce qui peut vraiment poser problème)
Une supraclusion légère peut être bien tolérée. Une supraclusion marquée, elle, peut entraîner des effets concrets :
- Usure et fragilisation des dents : contacts trop forts, frottements, bords incisifs qui s’usent, parfois sensibilité.
- Atteintes des tissus : dans les cas sévères, les incisives inférieures peuvent venir au contact de la gencive/palais, avec irritation.
- Déséquilibre de la mastication : on compense ailleurs, ce qui peut accélérer l’usure de certaines zones.
- Inconfort articulaire ou musculaire chez certains patients quand l’occlusion est instable ou quand les contraintes sont mal réparties (ATM).
Peut-on corriger une supraclusion avec des aligneurs ?
Dans beaucoup de situations, oui, surtout pour les supraclusions légères à modérées d’origine surtout dentaire. Les aligneurs peuvent aider à réduire le recouvrement en déplaçant progressivement certaines dents (intrusion relative/contrôle des incisives, ajustements postérieurs, etc.), parfois avec des auxiliaires.
Ce qui rend la correction possible, ce n’est pas “mettre des gouttières et attendre”. C’est un plan précis, souvent avec :
- Taquets (attachements) pour contrôler des mouvements plus techniques.
- Élastiques intermaxillaires dans certains cas, pour guider l’occlusion.
- Gestion de la courbe de Spee et des contacts postérieurs quand c’est pertinent.
Limites à connaître
- Si l’origine est principalement squelettique, les aligneurs peuvent améliorer, mais pas toujours corriger complètement.
- Si les symptômes sont dominés par bruxisme / serrement, il faut parfois une prise en charge complémentaire (ex. gouttières de bruxisme – plus épaisse pour éviter le grincement des dents et donc l’usure progressive) en parallèle ou après, selon l’avis du praticien.
Comment Aligneurs Français corrige une supraclusion
Chez Aligneurs Français, l’objectif est simple : diminuer le recouvrement, retrouver des contacts plus équilibrés, et stabiliser le résultat sur la durée.
- Bilan initial et indication
Le praticien mesure le recouvrement incisif, analyse l’occlusion (avant / arrière), et recherche les facteurs associés (usure, gencives, tensions, habitudes). Cette étape sert à décider si une correction par aligneurs est pertinente et jusqu’où viser la correction. - Scan 3D et plan de traitement
Le plan décrit les mouvements, étape par étape : quels secteurs bougent, à quel rythme, et avec quels accessoires (taquets, rampe d’occlusion, boutons, minis vis, élastiques). La supraclusion se traite rarement “en un seul mouvement” : on contrôle la fermeture, mais aussi la façon dont les dents se rencontrent derrière. - Démarrage du traitement
Lors d’une séance en clinique, le praticien procède à la pose des aligneurs (taquets, stripping, boutons, élastiques) Vous recevez ensuite le reste des étapes d’aligneurs, avec des consignes de port (la régularité fait la différence). - Suivi clinique et ajustements
La correction d’une supraclusion demande des contrôles : on vérifie que les incisives et les secteurs postérieurs suivent bien le plan, et on ajuste si nécessaire (affinements en fin de parcours). - Finition et contention
Une fois le recouvrement ramené à une situation stable, la contention protège le résultat. Et si le bruxisme est présent, le praticien peut proposer une approche complémentaire pour limiter l’usure à long terme.
Comment ça se passe concrètement
- Port des aligneurs 22h/24 et 7j/7, retrait pour manger et pour l’hygiène.
- Changement d’aligneurs au rythme prévu.
- Pression ressentie surtout les premiers jours de chaque nouvel aligneur.
- Rendez-vous de contrôle : on vérifie la baisse du recouvrement, l’équilibre des contacts et la stabilité de l’occlusion.
- En fin de traitement : contention (gouttière de nuit, fil, ou combinaison) selon la situation.
FAQ
Supraclusion et surplomb, c’est pareil ?
Non. La supraclusion concerne surtout le recouvrement vertical (deep bite). Le surplomb (horizontal) décrit plutôt l’avancée des incisives du haut par rapport à celles du bas.
Une supraclusion est-elle “grave” ?
Tout dépend de l’intensité et des effets : usure, blessures, gêne fonctionnelle, douleurs. Un recouvrement peut être toléré, mais une supraclusion marquée avec usure ou morsure gingivale mérite une prise en charge.
Les aligneurs suffisent-ils toujours ?
Non. Les aligneurs peuvent corriger beaucoup de supraclusions dentaires légères à modérées. Si la cause est surtout squelettique, on peut améliorer sans toujours obtenir une correction complète avec aligneurs seuls.